Monday, 21 November 2022

Gigs' Review : Lyon Calling (Part 1) - Guitar Wolf + Thee Sweeders - 23the Of May 2022 - Le Farmer, Lyon






At the corner of Masson Street, just in front of the Farmer's pub, three Japanese rockers in their fifties, dressed in leather from top to toe, wearing pointed boots and sunglasses, were leaning at the back of their van in the darkness and sipping a bottle of Jack Daniels. They were glaring at passers-by with that particular Japanese mixture of pride and indulgence. However, there were some weak signals that the alcohol was working its way, and that within half an hour, their cocky and arrogant attitude would be counterbalanced by an alcoholic euphoria and a characterized inebriation. The Japanese relationship with alcohol had always seemed very peculiar to me. It was as if there was a genetic variation that made them go crazy after just two or three drinks. Yeah, they were going to make us have a good laugh...

Au coin de la rue Masson, en face du Farmer, trois rockeurs japonais, quinquagénaires, vêtus de cuir de la tête aux pied, en bottines pointues et lunettes de soleil, adossés dans la pénombre à l'arrière de leur fourgonnette, sifflaient une bouteille de Jack Daniels. Ils toisaient les passants avec ce mélange de fierté et d'indulgence toutes japonaises. Quelques signaux faibles montraient cependant que l'alcool agissait, et que d'ici une demi-heure, leur attitude crâne et arrogante serait contrebalancée par une euphorie alcoolisée et une ébriété caractérisée. Le rapport à l'alcool des japonais m'avait toujours semblé très singulier. C'était comme s'il existait chez eux une variation génétique qui les faisait partir en vrille après deux/trois verres. Ouais, on allait bien rigoler...

Thee Sweeders

Inside the bar, the members of Thee Sweeders x were already warming up the audience. The 5-piece band was playing a mixture of Stooges-like 70's punk'n'roll and American punk à la Gun Club, while allowing themselves a few incursions into the garage-punk world of the Fuzztones or the creepier one of the Cramps. The musical universe was pleasantly fleshed out by the sound of a Farfisa synth. The band was coming from Annecy and had self-produced a first 6-track Maxi-Ep just before the sanitary crisis (Let's Sweed Records, 2019). By the end of their high-energy show, the bar was fully packed, the beer counter inaccessible, and the suffocating heat comparable to the tropical one of the island of Okinawa at the approach of a summer typhoon.

À l'intérieur du bar, les cinq membres de Thee Sweeders x chauffaient déjà le public. Ils jouaient un mélange de punk'n'roll 70's assez Stoogien et de punk américain à la Gun Club, tout en se permettant quelques incursions dans le monde garage-punk des Fuzztones ou dans celui plus rampant des Cramps. Leur univers musical était agréablement étoffée par le son d'un synthé Farfisa. Le groupe venait d'Annecy et avait auto-produit un premier maxi-Ep 6-titres juste avant la crise sanitaire (Let's Sweed Records, 2019). À la fin de leur 'show', très énergique, le bar était plein à craquer, le comptoir à bière inaccessible, et la chaleur suffocante comparable à celle de l'île tropicale d'Okinawa à l'approche d'un typhon estival.


The typhoon arrived more quickly than expected. The three Japanese members of Guitar Wolf x stormed into the bar, shouting 'Banzai' and some other Japanese war cries, staggered through the crowd, climbed the stage, stumbling at every step, and clumsily straddled their instruments. The singer/guitarist offered himself a last sip of Jack, carelessly threw the empty bottle on the stage, shouted something incomprehensible, and launched a huge first shrill riff, immediately followed by the primitive beat of his overexcited drummer and the animal bellowing of his drunken bassist. The musical magma, noisy and supercharged, and the show, totally rock'n'roll and without any dead time, only stopped a big hour later, when the three musicians, dead-exhausted, exited from the drenched, flabbergasted crowd, to collapse in the middle of the street in search of a bit of fresh air. They were more than fifty years old, but had behaved as teenagers...

Le typhon arriva plus rapidement que prévu. Les trois japonais de Guitar Wolf x entrèrent en trombe dans le bar en hurlant des 'Banzai' et autres cris de guerre nippons, fendirent la foule en titubant, escaladèrent la scène en ne manquant pas de trébucher à chaque pas et enfourchèrent maladroitement leur instrument. Le chanteur/guitariste s'offrit une dernière rasade de Jack, jeta négligemment la bouteille vide sur scène, hurla un truc incompréhensible, et balança un énorme premier riff strident, aussitôt suivi par la frappe primitive de son batteur survolté et les beuglements de son bassiste éméché. Le magma musical, bruyant et survitaminé, et le show, totalement rock'n'roll et sans aucun temps mort, ne s'arrêtèrent qu'une grosse heure plus tard, lorsque les trois musiciens, rincés, s'extirpèrent d'une foule détrempée et sidérée, pour s'écrouler au beau milieu de la rue à la recherche d'un peu de fraîcheur. Des adolescents de plus de cinquante piges... 

Guitar Wolf

The band Guitar Wolf was often compared to a trashy, lo-fi version of Link Wray, and its first Lp remained a must-have album, typical of the sound of the International garage-punk revival of the 90s. Wolf Rock! and Call the Shots by the Oblivians, were in 1993 the first two releases of the mythical Memphis label Goner Records. The band, even if it was quickly absorbed by the 'major' Ki/Oon - a Japanese division of Sony Corporation - had never given away its recipe, offering to its faithful fans' audience more than fifteen albums and as many singles in more than thirty years of career. The scenic, crazy, energetic shows of the Tokyo band had ever remained famous and I was delighted to check one of them.

Le groupe Guitar Wolf était souvent comparé à une version trash et lo-fi de Link Wray, et son premier Lp restait un album incontournable, typique du renouveau de l'Internationale garage-punk des années 90. Wolf Rock! et Call the Shots des Oblivians, avaient quand même été, en 1993, les deux premières sorties du mythique label de Memphis Goner Records. Le groupe, s'il avait rapidement été absorbé par la 'major' Ki/Oon - une division japonaise de Sony Corporation - n'avait pour autant jamais abandonné sa recette, offrant à un public toujours fidèle par loin d'une quinzaine d'albums et autant de simples en plus de trente ans de carrière. On m'avait régulièrement vanté les spectacles pittoresques, déjantés et débordant d'énergie du groupe de Tokyo. J'étais comblé.